On l'a souvent entendu dans la campagne, « Ségolène Royal n'a pas de programme ! »
Pourtant, il suffisait d'aller sur le site de campagne de la candidate pour trouver son « Pacte présidentiel », on y trouvait 100 propositions (en pratique, il y en a plus que 100 car certaines comportent plusieurs propositions) !
D'une manière assez habile, la droite a réussi à faire croire que, comme il n'y avait pas de slogan fort (contrairement au « Travailler plus pour gagner plus »), il n'y avait pas de programme politique. Un programme se résumait donc à des slogans ... avec le résultat qu'on connaît.
La stratégie de négation continue d'ailleurs toujours aujourd'hui à l'UMP, malgré les débats à l'assemblée où la majorité refuse quasiment tous les amendements de gauche, malgré les contributions, malgré les livres (« De l'audace », « Si la gauche veut des idées »), elle continue de nier l'existence de propositions au parti socialiste.
Comme dit le proverbe, « Il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre »
La stratégie de communication de l'UMP sur ce sujet se résume à répéter en permanence « Elle n'a pas de programme, elle n'a pas de programme, elle n'a pas de programme, ... »
Le pire, c'est que ce bourrage de crâne relayé par les médias est redoutablement efficace !
Dans le « Pacte présidentiel », on peut pourtant lire des propositions qui sont encore d'actualité :
Le RSA dont le mode de financement divisent les députés UMP.
Le soutien aux PME que le gouvernement vient de mettre en place face à la crise sous forme d'aide au crédits.
Le fait de conditionner les aides publiques aux entreprises à l'engagement de ne pas licencier quand l'entreprise dégage des profits substantiels et obtenir le remboursement en cas de délocalisation.
Il y en a bien d'autre ... mais j'ai réussi à exhiber trois éléments distincts d'un ensemble soit-disant vide ! ...
Ce qui est gênant, c'est que les médias reprennent massivement ce discours de « l'absence de propositions », c'est devenue quelque chose de consensuel, quand on parle du PS, on parle de « l'absence de propositions ».
On peut se demander alors ce qu'attendent vraiment les médias ?
Une « proposition-slogan » simple à présenter au journal de 20h plutôt qu'un ensemble cohérent de propositions trop longues à exposer ?
La proposition miracle qui permettrait de sauver la France ? Je ne pense pas que ça existe ...